Nature & vie intérieure

Murmures de la grande forêt de Bù Gia Mập

« Plongez dans le chant de la forêt ancienne de Bù Gia Mập — là où la rivière Đắc Huýt raconte ses histoires, où la nature vous enveloppe et où l’âme retrouve une sérénité originelle au milieu de la majesté de la grande forêt. »

La forêt verte penche son ombre sous le ciel immense,

La rivière Đắc Huýt chante le frémissement des bois.

Ce matin, les nuages blancs restent suspendus,

Le soleil traverse les feuilles et salue les oiseaux en vol.

Le lac repose sous mille nuages,

Le lotus tremble d’une goutte d’eau, ivre du reflet de la forêt.

Les pins s’appellent doucement de colline en colline,

Les orchidées tardives fleurissent, leur parfum demeurant dans la brume.

La rivière s’étire comme un ruban de soie,

Elle enlace les racines anciennes et reflète le ciel.

Des oiseaux joignent leurs ailes dans le jeu,

Un rayon tombe, versant de l’or au cœur de l’après-midi.

Un aigle fend le vent solitaire,

Son aile inclinée ombre l’eau, et la mélancolie devient poésie.

Phương sourit au milieu de la nature sauvage,

Une petite barque emporte les rêves des humains.

La paix suit le rythme des vagues,

Écoutant la forêt raconter le temps des origines.

La lune se lève, le feu chante et scintille,

Mille arbres respirent au même rythme que nous.

Ô forêt — musique immense,

Tu nous rappelles pour que nous retrouvions qui nous sommes.

Rivière, vent, aile d’oiseau,

Gardez le souffle du cœur de la grande forêt.

« La forêt n’est pas silencieuse — elle raconte, elle se souvient, elle aime... »

Confession d’un voyageur

Le poème « Murmures de la grande forêt de Bù Gia Mập » est une douce musique verte où tous les sons de la forêt, de la rivière et du vent se mêlent au souffle de la terre et du ciel. En l’écrivant, je n’avais pas l’impression de composer : j’écoutais simplement la forêt parler. Chaque feuille, chaque goutte d’eau, chaque aile d’oiseau était un murmure, et je n’étais que celui qui le consignait. Dans la brume du matin, je voyais la forêt pencher son ombre, j’entendais la rivière Đắc Huýt chanter une mélodie douce comme la soie et je regardais le ciel se contempler dans la surface immobile du lac. La beauté de Bù Gia Mập ne s’impose jamais ; elle s’infiltre dans chaque respiration jusqu’à ce que le cœur du voyageur semble se dissoudre dans l’humidité de la forêt.

Une barque sur la rivière

Lorsque la petite barque a doucement fendu l’eau, la rivière s’est ouverte devant nous comme un ruban de soie verte, délicat et pourtant sans fin. Au milieu de cette immensité, l’être humain se sent soudain étonnamment petit — et infiniment libre. Je regardais les arbres anciens se refléter dans le courant, les oiseaux tournoyer dans la lumière, et je comprenais que tout être vivant possède une âme, chacun chantant dans une langue que l’humanité a oubliée depuis longtemps. Peut-être est-ce pour cela que mon cœur est devenu si étrangement calme parmi le bruissement du vent. Il n’y avait plus de distance entre moi et la forêt, entre l’être humain et la terre : seulement un souffle commun — lent, profond et chaud.

Dans le poème, la petite barque n’est pas seulement un moyen de transport : elle symbolise le voyage de l’âme. Elle me porte à travers les voiles de brume, l’appel de l’eau et le clair de lune scintillant sur les feuilles, avant de me ramener à moi-même. Chaque vague contre la coque, chaque souffle léger sur la peau semble laver la poussière du monde et clarifier l’esprit. Pour moi, Bù Gia Mập n’est pas simplement une forêt : c’est une terre sacrée où l’on peut retrouver une paix originelle — cette paix que la vie bruyante nous a retirée depuis longtemps.

J’aime ces instants où la lune se lève, où la lumière du feu traverse les feuilles, où l’ombre des hommes et celle des arbres se confondent. Dans le silence de la forêt nocturne, j’ai l’impression d’entendre battre le cœur de la terre, le pouls de toutes les formes de vie en mouvement. La forêt n’est pas silencieuse : elle raconte, elle se souvient, elle aime. Je reste assis sans avoir besoin de parler, simplement à écouter, simplement à sentir. Et c’est dans ces moments que je comprends pourquoi l’être humain a tant besoin de la nature. Non pour la conquérir, non pour la posséder, mais pour s’y regarder et se rappeler qu’il n’en a jamais été séparé.

« En écrivant les derniers vers du poème, je voulais retenir ce moment — celui où l’être humain, la terre et le ciel respirent d’un même souffle. Je voulais que le lecteur puisse lui aussi entendre le “murmure” que j’ai entendu dans la forêt de Bù Gia Mập : rien de bruyant ni de violent, seulement le vent glissant dans les branches, l’eau frappant la coque et le cœur humain se fondant dans la nature. »

Le poème est un remerciement, une légère inclination devant la beauté éternelle de la Terre mère. Dans un monde qui change chaque jour, il existe encore un lieu qui nous rappelle qu’en nous abandonnant simplement à la forêt, nous pouvons revenir à nous-mêmes — entiers, limpides et libres comme au premier matin.

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